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The Cluetrain manifesto 5

Le chapitre intitulé « Hyperlinked Organization » est particulièrement divertissant. Il décrit Internet comme l’intranet des communautés, des entreprises et des individus. Tout le monde est potentiellement en contact. Cela détruit complètement l’organisation pyramidale traditionnelle des entreprises, qu’il présente comme fondée sur la peur : peur d’être exposé au marché, à ses subordonnés, aux clients que l’on perçoit comme des adversaires à convaincre, voire à vaincre.

Cluetrain Manifesto

Le chapitre souligne aussi que l’organigramme sert souvent à identifier les personnes… à éviter ! (À mon avis, tous ces auteurs ont dû être licenciés après la publication du livre !)

Il donne plusieurs exemples :

  • La newsletter de l’entreprise censée motiver les troupes, alors qu’on sait via les e-mails ou les chats internes que tout n’est qu’un heureux mensonge.
  • La fameuse « carrière » qui, à la lecture de l’organigramme, semble être une impasse tant elle est étroite vers le haut.
  • La promesse que toutes les informations seront disponibles pour accomplir son travail, alors qu’en réalité, les données sont triées pour soutenir une décision ou une vision particulière.
  • La valorisation de la nourriture « équilibrée » à la cafétéria comme si cela pouvait compenser les frustrations du quotidien professionnel.

Bref, le Net met tout le monde en communication directe, sans filet. Plus de rôles figés, plus d’autorité sacrée, plus moyen de se cacher derrière une carte de visite ! L’idée même de « VIP » sur Internet n’a pas de sens. Les conversations se font entre individus. Le Net aplatit le monde.

Des conversations, des idées qui ne mèneront peut-être nulle part, mais sans elles, il ne reste que le néant. Et les vraies conversations ne peuvent avoir lieu qu’entre personnes qui se sentent égales.

Le texte soutient qu’un intranet ne peut fonctionner que s’il est fondé sur une logique « bottom-up », sauf si l’entreprise accepte réellement que s’y déroulent de vraies discussions — sans chaînes d’autorité ou de validation. Si ce n’est pas le cas, ces conversations auront lieu… ailleurs.

Un autre exemple : imaginons un centre régional incapable de répondre à certaines questions de clients. Il est fort probable que le responsable du siège redirige le client vers son réseau personnel de compétences. Il aura satisfait le client, mais le centre régional se sentira court-circuité. C’est précisément là qu’il aura préféré utiliser un hyperlien de son réseau plutôt qu’une chaîne hiérarchique.

To be continued…

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